CONFERENCE
DE PRESSE DU MOUVEMENT DE LA JEUNESSE/UNDD DE COTE D’IVOIRE
(MJ/UNDD/CI)
C’est
autour du thème « La refondation démocratique
africaine :
Le rôle de la jeunesse (Interpellée dans
le dialogue inter ivoirien) » que les jeunes de
l’UNDD de Côte d’Ivoire, du Mali,
qu’accompagnaient les jeunes de l’UNDD du
Burkina Faso, ont donné une conférence
de presse le jeudi passé. C’était
au Central Hôtel. Nous avons retenu pour vous
la Déclaration liminaire autour de laquelle les
questions ont été posées.
DECLARATION LIMINAIRE
Après
le congrès historique de l’UNDD, nous aurions
pu repartir tranquillement dans nos pays d’accueil
respectifs, avec le sentiment du travail bien accompli.
Ces assises nous ont en effet comblé au-delà
de toute attente, avec la reconduction de Me Hermann
Yaméogo qui est un repère pour beaucoup
de jeunes à travers le continent, la confirmation
de l’option de la Social démocratie et
la création d’un Secrétariat chargé
des Burkinabé de l’extérieur. Secrétariat
attribué à un représentant des
Burkinabé de Côte d’Ivoire, à
travers ma modeste personne.
Mais nous ne sommes pas repartis car nous avions également
pour mission d’expliquer à l’opinion
burkinabé ce qu’est le MJ/UNDD, comment
il voit le dialogue inter ivoirien.
Les jeunes Burkinabé de Côte d’Ivoire,
sachez-le, ont adhéré au MJ/UNDD parce
qu’ils ont été édifiés
par l’exemple de la jeunesse ivoirienne, qui a
pris en main la défense du pays pour faire échec
à la France qui voulait s’opposer à
son indépendance politique et économique.
Cet exemple peut déteindre sur toute la jeunesse
africaine. Elle représente en effet 70 % de la
population continentale, et si elle se met en branle,
elle peut obtenir la fin de la mal-gouvernance. C’est
l’objectif que nous nous sommes fixé, mais
pour le mener à bien, nous devons d’abord
conquérir la paix entre les Ivoiriens et les
communautés étrangères, entre la
Côte d’Ivoire et les pays voisins et surtout
le nôtre.
Disons-le tout net : les Burkinabé vivant en
Côte d’ivoire ont le sentiment d’être
doublement incompris, voire rejetés. Rejetés
par les Ivoiriens, qui les assimilent vite à
des piqueurs d’emplois, à des mercenaires
électoraux, voire à des rebelles en puissance,
et qu’ils voudraient bien souvent (il faut le
dire) voir retourner chez eux ; rejetés par les
Burkinabé du pays qui les appellent par les termes
péjoratifs de « Diaspo », de «Pawéogo
» (ça veut dire ce que ça veut dire)
et qui les préfèreraient plutôt
en Côte d’Ivoire qu’au Faso !
Le MJ/UNDD de Côte d’Ivoire veut raffermir
le cordon ombilical avec la mère patrie en prouvant
dans le même temps au pays d’accueil qu’ils
ne sont pas des pique-assiettes, des « SCUD »
spécialisés dans l’ingérence
électorale ou le terrorisme.
Les Burkinabé de côte d’Ivoire ne
doivent plus compter seulement à cause de l’argent
qu’ils envoient régulièrement au
pays mais tout simplement parce qu’ils sont des
citoyens auxquels la Constitution accorde les mêmes
droits qu’à tous les Burkinabé.
Il faut donc rendre effectif le droit de vote que leur
confère la loi fondamentale en ses articles 11
et 12.
Nous voulons ce droit de vote, matérialisé
par la carte d’électeur, que nous arborerons
non pas avec honte comme des Juifs ont pu le faire avec
l’Etoile de David, mais avec fierté. Une
carte qui sera au surplus notre protection, la preuve
que nous ne sommes pas envoyés en Côte
d’Ivoire pour la prendre de l’intérieur
par des agressions électorales ou rebelles.
C’est dire que nous devions nous inviter au dialogue
inter ivoirien en cours au Faso, faire comprendre que
si la crise a mis à mal les économies
de la sous région et porté préjudice
aux Burkinabé de l’intérieur, nous
sommes ceux qui en avons le plus souffert en Côte
d’Ivoire. Ici, les compatriotes ont peut-être
perdu des emplois, en Côte d’Ivoire, beaucoup
ont perdu, sinon la vie, leurs biens durement acquis.
Comble de tout, l’Opération Bayiri, censée
nous aider, est venue « achever » nombre
d’entre nous. Abandonnés, pris entre le
marteau et l’enclume, nous avons hâte de
sortir de cet enfer.
Il ne suffit pas que la médiation confirme les
avancées sur le foncier rural, la nationalité,
la carte de séjour… Il ne suffit pas qu’elle
nous ramène le désarmement, l’identification,
la reconstitution physique et juridique de la Côte
d’Ivoire. Tout cela est formidable mais pour avoir
vécu ce que nous avons vécu, nous voulons
plus de garanties pour l’avenir (celui qui a été
piqué par un serpent a peur d’une cordelette
!) : que la médiation ne soit pas conduite dans
le seul but de satisfaire l’ego de tel ou tel
responsable politique mais plutôt de régler
globalement la crise, sans rien laisser dans l’ombre,
d’où demain pourrait repartir l’étincelle.
C’est pour cela que nous voulons qu’à
Ouagadougou, une disposition de l’accord à
venir stipule qu’en même temps qu’on
mettra les Ivoiriens en condition de voter, on fera
d’une pierre deux coups en procédant aussi
à l’identification des Burkinabé
pour les mettre en situation immédiate de pouvoir
voter dans leur propre pays. Qui peut le plus pour tous
les Ivoiriens, peut le moins pour les Burkinabé
de Côte d’Ivoire ! Ce n’est pas tout
: la question des dissidents militaires doit être
aussi réglée. S’il est vrai que
les Mathias Doué, les Yao Yao et bien d’autres
ont fait le même choix que les IB, Wattao, avant
le 19 septembre, il faut une médiation inclusive
qui les concerne, qui les lie par l’obligation
de retourner au pays où on leur assurera la sécurité.
C’est déjà ce que, sentant venir
les choses, le défunt Boga Doudou demandait avec
acharnement. Mais hélas, la machine était
déjà en marche contre la Côte d’Ivoire
et contre lui-même !
Comment par ailleurs laisser en plan toutes ces victimes
burkinabé, maliennes, sénégalaises…,
ivoiriennes qui n’ont pas demandé la guerre,
qui ne l’ont pas animée, qui n’en
ont pas profitée ? Une médiation qui,
sans préjuger sur les responsabilités
pénales, ne se pencherait pas sur ce volet de
la compensation qui leur est due, serait une médiation
bancale !
Enfin, nous souhaitons, pour le symbole fort, les signatures
de l’accord global en Côte d’Ivoire,
à Yamoussoukro.
Voilà ce que nous devions dire, en relevant les
responsabilités particulières qui incombent
à nos autorités, et qui font qu’elles
ont une obligation de résultat dans la conclusion
définitive de la paix. On peut, ne l’oublions
pas, comme a dit Me Hermann Yaméogo, tourner
les pages de l’histoire mais sans jamais les effacer.
Au MJ/UNDD/CI, nous jouerons notre rôle de moteur
de changement en nous engageant dans tous les chantiers
où les pesanteurs maintiennent nos pays dans
les dépendances. Sur le point particulier de
la médiation dans le dossier ivoirien, c’est
notre avenir qui est en jeu. Nous dirons haut et fort
que nous ne voulons pas d’un échec, surtout
pas à un moment où les conditions s’annoncent
plus favorables pour le réveil de l’Afrique.
La Françafrique, cette chape qui suçait
nos richesses, qui étouffait nos libertés
et notre soif de démocratie, est en fin de vie.
Avec elle, tombera également (Alléluia
!), l’un de ses plus chênes les plus solides,
sinon le plus grand : Jacques Chirac. L’espoir
est permis. Il est même porté par des organisations
comme SURVIE, ATTAC, le CADTM.., qui travaillent sans
répit à démystifier la Francafrique
et toutes les politiques d’aide publique à
l’Afrique, hypocrites, exploiteuses, qui prétendaient
aider le continent à sortir de la pauvreté.
Le MJ/UNDD/CI est solidaire des actions que ces mouvements
mènent actuellement en marge du Sommet France-Afrique
et nous leur avons même envoyé un mot d’encouragement.
Voilà aussi notre message à la Jeunesse
du pays pour qu’elle se mette debout. En Côte
d’Ivoire et dans bien des pays, les jeunes le
sont déjà. La jeunesse guinéenne
vient de se joindre au mouvement. Mettez-vous donc debout.
Avec le leadership d’Hermann YAMEOGO, nous pourrons
sinon comme dans les Ecritures, changer le Burkina Faso
en un pays de cocagne où coulent en abondance
le lait et le miel, en faire un pays où règnent
plus de justice, de solidarité et de vouloir
vivre collectif.
Debout Jeunesse du Faso car c’est de notre avenir
qu’il s’agit.
C’EST CA QUI EST LA VERITE !
NON
AUX POUVOIRS ILLEGITIMES
NON A LA PERPETUATION DE LA NEO DOMINATION DU CONTINENT
OUI A LA REFONDATION DEMOCRATIQUE
Mesdames
et Messieurs les journalistes,
Nous sommes à vous pour la partie Questions/Réponses.