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San Finna N°400 du 12 au 18 Février 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
 

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MME AMINATA TRAORE
UNE AFRICAINE RESPECTEE

Nombre de burkinabé ont pour souvenir mémorable d’elle son débat sur RFI avec l’ancien Ministre des Affaires Etrangères burkinabé Ablassé Ouédraogo. Economiste, sociologue, ancienne Ministre de la Culture du Mali du gouvernement d'Alpha Oumar Traoré et militante fervente de l'annulation de la dette des pays en développement, Aminata D. TRAORE est « une femme Africaine qui ne se résigne pas » ! Grande voix Africaine de la lutte contre la mondialisation libérale, surnommée la «Black Bové» par Libération, Aminata ne cesse depuis des années de dénoncer les effets pervers de la mondialisation néolibérale sur l'économie des pays africains.

Elle préconise la localisation, l'action citoyenne de proximité à l'échelle humaine et n'hésite pas à fustiger les grandes organisations internationales (F.M.I., l'O.M.C, la Banque mondiale) qui maintiennent délibérément l'Afrique dans son rôle de victime. Pillée, marginalisée, l'Afrique est invitée par les maîtres du monde à se penser pauvre, à se comporter en région condamnée. Militante pour l'émancipation de l'Afrique, Mme Traoré parcourt le monde pour défendre l'idée qu'une autre Afrique est possible, libérée de toutes les dominations, retrouvant en elle-même son humanité et les moyens de vivre à sa mesure.

Ecrivaine malienne engagée, elle écrit des livres qui connaissent un certain succès notamment dans le milieu intellectuel européen. En 1999 elle publie "L'étau" - Actes-Sud, démontrant l'impasse dans laquelle les institutions de Bretton Woods placent l'Afrique en lui imposant des plans d'ajustements structurels inadaptés. En janvier 2002, elle publie un second ouvrage, "Le viol de l'imaginaire" - Editions Fayard, dans lequel elle dénonce les mécanismes qui privent l'Afrique de ses ressources humaines, naturelles et financières.

Lors du Sommet des chefs d'États de France et d'Afrique (3 & 4 Décembre 2005), elle avait adressé au Président Chirac une lettre dans laquelle elle fustigeait, parlant de la Filière Coton, le «double jeu de vos pays et la dictature des institutions de Bretton Woods », les « multinationales qui, au nom d'une prétendue efficacité et rentabilité, absorbent les entreprises publiques, s'approprient à vil prix les matières premières qui appartiennent aux peuples et aux jeunes d'Afrique, inondent nos marchés de biens subventionnés, condamnent nos populations à émigrer ».

Parlant du co-développement, Mme Aminata TRAORE s’est confiée à San Finna, à l’occasion du 7e Forum Social Mondial à Nairobi.

« Moi je crois que ce qui est exigé de nous, c’est davantage de rigueur dans l’analyse de notre situation et des solutions à nos questions de développement. Je m’étonne du discours unilatéral de développement qui fait qu’aujourd’hui, on a énormément de mal pour démarrer ».

Et de poursuivre : « Voyez vous-même le nombre de colloques, de séminaires qu’il faut pour que nous parvenions simplement à comprendre les textes. On s’est rendu compte que le modèle de développement qui nous est imposé n’a fait qu’appauvrir notre continent ».

Du concept et de la réalité du co-développement pour les Africains, elle affirme que « Le co-développement suppose une coopération. C’est ensemble qu’on doit bouger alors qu’en ce moment, nous sommes, nous, les naufragés de ce co-développement ».

PY






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