Mise à jour le 04/02/2007
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San Finna N°399 du 05 au 11 Février 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
 

Deux sons de cloche

EST-CE INDIQUE OU NON D’ENVOYER DANS DES ZONES DE CONFLITS EN AFRIQUE DES CONTINGENTS EXCLUSIVEMENT FEMININS POUR ASSURER LE MAINTIEN DE LA PAIX ?

Une centaine de policières indiennes envoyées par l’ONU, est arrivé au Liberia pour assurer le maintien de la paix. C’est une première ! Les Nations Unies, qui restent accrochées à leur profession de foi sur la question « Genre » viennent ainsi de passer des paroles aux actes. Comme il fallait s’y attendre, les médias en font leurs choux gras. L’opinion générale quant à elle est divisée. Elle en compte qui félicitent la décision parce qu’elle participe de la promotion de la femme mais il en est aussi qui s’en démarquent, jurant qu’elle expose ainsi les femmes à des dangers qu’elles ne sont pas préparées à affronter. Deux sons de cloche.

LES NATIONS UNIES, EN CREANT DES CONTINGENTS FEMININS, ONT TIRE A COTE

Avec cette manie de vouloir, coûte que coûte, mettre à niveau les hommes et les femmes, on aboutira à des situations des plus cocasses, des plus dangereuses pour les femmes elles-mêmes. Le danger pourrait justement venir de la création de ce premier contingent féminin qu’on expédie dans un pays à risque comme le Liberia pour maintenir la paix et l’ordre. Les femmes seront nécessairement mises devant les situations les plus dangereuses, en contact avec des criminels, des délinquants, des multi récidivistes qui ont fait leurs armes aux côtés des chefs de guerre les plus sanguinaires qui soient. Elles courent le risque de la contamination. On ne peut pas dire qu’au Liberia, le milieu soit guéri des criminalités nées de la guerre. Les femmes pourraient être happées, de gré ou de force, dans certains commerces illégaux, intéressant notamment le sexe. On a vu comment en Irak, la soldate américaine Lynndie Englande, femme sans problèmes, une fois plongée dans l’univers de violence irakien et au contact de militaires hommes, a été prise dans le cycle infernal de la dépravation ; personne n’oubliera les photos monstrueuses la montrant au monde entier tenir un prisonnier en laisse, entourée d’autres prisonniers dénudés. Mais les femmes des contingents pourraient aussi apparaître comme des proies convoitées par plusieurs prédateurs. D’abord, de certains éléments des contingents masculins envoyés en mission de pacification et souvent placés dans des situations de privations sexuelles qui les amènent, lorsque la pression est trop forte, à s’épancher sur les populations locales. On ne compte plus maintenant des exemples de ce genre dont les médias se sont fait l’écho et qui font ou non l’objet de poursuites au plan judiciaire. Ensuite, les femmes peuvent être convoitées non seulement par les forces de l’ordre au Liberia (qui comprennent des éléments de la rébellion reversée en leur sein n’ayant pas abandonné certaines habitudes acquises dans le maquis), elles peuvent aussi être agressées par les mercenaires et autres combattants désarmés, démobilisés, non intégrés dans les forces de défense et de sécurité nationale et qui continuent à sévir dans bien des contrées du pays. Les exactions contre les femmes sont monnaie courante, même sur celles qui ne font pas partie des contingents de la paix. Jeune Afrique N° 2403 du 28 janvier dernier, vient de rapporter qu’au Darfour, « une Française travaillant pour Action contre la faim avait été violée lors d’une attaque du camp de Gereida, près d’el-Fasher ». Et puis, jusqu’à aujourd’hui en tout cas, entre un homme et une femme aguerris tous deux au métier des armes, il n’y a pas match : la femme n’a pas encore rejoint l’homme au plan de la force physique ! A la vérité, il y a bien d’autres domaines où l’on gagnerait à mieux valoriser les femmes que celui-ci !


TOMY.

LA CREATION DE CONTINGENTS FEMININS EST UNE CHOSE A FELICITER

Pour une fois au moins, on peut dire que les Nations Unies ont joint l’acte à la parole avec la création de tels contingents. On a critiqué l’organisation mondiale sur ses résolutions, ses proclamations, ses grandes rencontres qui se terminent quasiment toujours en queue de poisson sinon en échec. Cette fois, il faut reconnaître que l’ONU a fait du bon boulot. La promotion de la femme ne doit pas se faire de façon sélective. S’il doit y avoir l’égalité des chances entre elle et l’homme, il faut aussi qu’il y ait égalité des risques. Des contingents de femmes au Liberia, qu’y a-t-il d’anormal à cela ? N’est-ce pas du reste dans ce pays que l’on trouve une femme ayant accepté de prendre le risque d’assumer les charges de chef d’Etat ? Et aussi dans ce pays que les forces de police au Liberia sont sous le commandement d'une femme, Munah Sieh pour ne pas la citer ? On peut même espérer que sur le théâtre des opérations, elles réussissent mieux que les hommes. Les populations leur feront certainement meilleur accueil qu’aux hommes ; elles seront plus regardantes pour les intérêts de ces populations plutôt que pour les leurs propres, et surtout elles seront moins tentées par les violences multiples et les déprédations dont les hommes qui composent les contingents, donnent souvent le triste exemple. On ne peut pas en effet imaginer des femmes qui connaissent ce que c’est que la maternité, se mettre à commettre toutes ces horreurs, en particulier commettre des exactions sur des enfants. Elles pourront contribuer à faire baisser non seulement les violences mais aussi le discrédit qui rejaillit sur les Nations Unies avec toutes ces affaires de mœurs des contingents masculins. C’est avec justesse que le site www.afrik.com du 31/01/2007 a titré sur les femmes casques bleus au Libéria le sentiment qu’on en a en général : « Elles seraient plus accessibles et moins menaçantes pour la population ». Et puis, franchement, s’il y a des femmes astronautes, pilotes de chasse, catcheuses, policières et même enrôlées dans des troupes de combat, pourquoi ne pas envisager qu’elles puissent valablement opérer dans des cas d’interposition qui sont tout de même un cran en dessous de l’engagement armé ? A elles, qui en plus ont reçu les mêmes formations que les hommes, de montrer sur le terrain leurs compétences, leur sérieux (comme elles l’ont fait au Cachemire entre autres) afin de mériter cette décision des Nations Unies.

 

TOZI.

Citation de la semaine

«Est dirigeant celui qui accepte de prendre les risques
que les dirigés ne veulent pas prendre »

Jean JAURES






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