Mise à jour le 04/02/2007
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San Finna N°399 du 05 au 11 Février 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
  

Tribune de la femme

ENTRETIEN AVEC ME BENEWENDE SANKARA
SUR LE DOSSIER MME YAMEOGO MARIE AUGUSTINE C/ME FAYIRI SOMDA

Il y a quelque temps, nous évoquions dans notre rubrique « Cocktail Flash », la mystérieuse disparition de l’avocat et Secrétaire général de l’ADFA, Me Fayiri SOMDA. La rumeur s’était emparée de l’affaire, et les commentaires allaient bon train. Ici on disait qu’il avait pris la clef des champs et s’était établi en Afrique du Sud, là on affirmait que c’était plutôt au Ghana qu’il s’était mis au vert. On parlait tantôt de gros sous, tantôt de sommes avoisinant le million fcfa. Pour une telle somme, beaucoup s’offusquaient que ni la famille, ni les amis, ni le parti, n’aient été en mesure d’aider l’avocat à combler le trou pour ne pas ruiner ainsi sa réputation et sa carrière. Cette disparition semble se confirmer avec l’absence au tribunal, le 29 janvier dernier, de Me Somda, appelé à la barre pour abus de confiance par la victime Dame Yaméogo Marie Augustine. Le procureur du Faso a requis 12 mois avec sursis contre lui et l’affaire a été mise en délibéré pour le 5 février prochain. Voilà en soi de quoi faire déjà l’évènement : un avocat, ancien Procureur, membre d’une organisation de défense des droits de l’homme, Secrétaire général d’un parti politique, qu’on poursuit comme un malotru. C’est peu banal. Mais ce qui donne encore du relief au dossier, c’est que, par un curieux revers de fortune, c’est un autre avocat, président de l’UNIR/MS, Me Benewende Sankara, que la victime a constitué pour assurer la défense de ses intérêts. Avocat politique contre avocat politique, voilà un thriller de premier choix. Mais le « best of », c’est que Me Sankara est bien celui-là même que Me Somda Fayiri poursuivait avec rage devant les tribunaux pour les mêmes faits dans un autre contentieux. Alors, est-ce là, après tant de péripéties, le dénouement par une sorte de jugement de Dieu ou tout simplement par la surpuissance du « wack » de Me Sankara sur celui de Me Fayiri ?

Le second étant, semble-t-il en cavale, nous avons approché Me Benewende Sankara pour en savoir plus. La main sur le cœur, il nous a juré qu’il n’y avait pas le moins du monde, une volonté de vengeance de sa part dans cette constitution. Lisez plutôt !

POUR COMBIEN DE VICTIMES ETES-VOUS CONSTITUE DANS CE DOSSIER ?

Me Benewende SANKARA : Nous sommes le conseil de Dame Yaméogo Marie Augustine mais qui n’a pas été seule victime de l’accident. La Dame Yaméogo était avec sa belle-fille, qui portait un enfant au dos. Le préjudice pour lequel Mme Yaméogo poursuit Me Somda Fayiri est que ce dernier a usé de son nom pour escroquer la Générale des Assurances en faisant croire que Mme Yaméogo avait accepté une transaction avec l’assurance, alors qu’elle avait refusé la transaction, estimant que cette affaire devait être réglée par la justice.

Lorsqu’elle m’a saisi, elle était surprise de voir que la Générale des assurances avait, à la demande de Me Somda, payé la somme de 982.000 fcfa à titre de règlement amiable.

De un, la dame n’a rien demandé et de deux, elle n’a même pas été informée par Me Somda de l’évolution de l’affaire, a fortiori percevoir l’argent.

Lorsque nous avons été contacté par la Dame, nous lui avons d’abord demandé d’arranger à l’amiable ce contentieux avec Me Somda, et c’est là qu’elle a cherché à joindre en vain Me Somda. On a même touché le Bâtonnier. Malheureusement, Me Somda est resté absent jusqu’à ce soir au procès.

DONC, ME SOMDA A VOULU FAIRE UN REGLEMENT AMIABLE AVEC L’ASSURANCE

Me Benewende SANKARA : En fait, Me Somda a monté un dossier de 5 000 000 et un peu plus, et l’assurance devait payer ce montant. Mais selon le code CIMA, il y a une procédure qui s’appelle le règlement transactionnel et pour appliquer cette procédure, l’assurance fait ce qu’on appelle une offre ; elle (l’assurance) vous propos un montant de règlement ; si vous êtes d’accord, vous prenez, si vous ne l’êtes pas, le tribunal apprécie.

Dans le cas d’espèce, Me Somda a déposé sa lettre en date du 10 novembre 2003 et l’assurance a répondu le 19 février 2004, en faisant l’offre de 982.600 fcfa représentant le règlement total du préjudice survenu. Et Me Somda a répondu favorablement à cette lettre, à la veille des fêtes de 2005 (le 19 décembre). L’argent a été touché par Me Somda le 30 décembre 2005.

Le vrai problème est que, quand on fait une bêtise comme ça, ça se découvre forcément, l’assurance nous a produit tous les papiers…

Moi personnellement, au regard du contentieux que j’ai avec Me Fayiri, je n’ai pas voulu polémiquer, je lui ai envoyé une lettre pour l’inviter à trouver un terrain d’entente avec Mme Yaméogo parce que Mme Yaméogo et moi, nous connaissons depuis longtemps ; elle était ma cliente avant que je n’aille à l’Assemblée. Pendant que j’étais à l’Assemblée, il semble qu’un juge lui aurait conseillé Me Fayiri. Pour éviter tout quiproquo, j’ai également écrit au Bâtonnier mais Me Somda est resté indifférent et même introuvable.

AU REGARD DE SON ABSENCE, QUELLE PEUT ETRE L’ ISSUE DE LA QUESTION ?

Me Benewende SANKARA : Il n’est pas là. Il a été cité à personne, et même pour lui donner l’exploit de citation, l’huissier a eu beaucoup de difficultés. Toutefois, il y a eu décision qui est entendue, elle serait réputée contradictoire. Puisqu’entre temps, il avait même pris un avocat. Il n’est peut-être pas là mais il n’est pas encore radié du Barreau, il a une famille…

POUR FINIR, MAITRE, POURRAIT-ON DIRE QUE VOUS TENEZ LE BON BOUT POUR RENDRE A VOTRE CONFRERE CE QU’ IL A VOULU VOUS FAIRE SUBIR ?

Me Benewende SANKARA : Non, non ! Je ne suis pas revanchard et je ne saurais, au nom d’un client, régler nos questions personnelles. Sinon, j’aurais souhaité, dès la première occasion, régler ce problème à l’amiable, et ça, c’est au nom de la déontologie de mon métier. Sinon, en tant que politicien, quand tu tiens ton adversaire par le bon bout… ma foi ! (rires) !

Par S. Koné





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