Mise à jour le 28/01/2007
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San Finna N°398 du 29 Janvier au 04 Février 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"

 

Tribune de la femme

* La Chine Populaire dispose d’une arme antisatellite et loin de s’en cacher, le confirme publiquement ! Ca ne plaît pas du tout aux USA et à la Russie qui étaient les seules à en disposer. Eh bien, il faudra s’y habituer car la Chine n’est ni la Corée du Nord, ni l’Iran !

* San Finna ne s’est quasiment pas trompé : dans le dossier François Compaoré contre L’Evènement, en dehors de l’amende sur laquelle nous ne nous étions pas attardés, il y eut comme prévu une condamnation avec sursis. Elle a été de 3 mois, et comme il fallait s’y attendre, nos confrères ont immédiatement relevé appel de la décision.

* Au Faso, on assiste à une hausse anormale des loyers. L’explication ? Certainement la construction de ces quasis châteaux à Ouaga 2000 dont les propriétaires ont imposé des loyers atteignant facilement 1, 5 million FCFA par mois ! Du coup, tous les propriétaires ont augmenté les loyers, même s’ils ne possèdent que des bicoques. On parle d’une augmentation allant, dans certains cas, jusqu’à 50 %. Voici donc une conséquence très dommageable pour les gens d’en bas, de cette folie locative des nouveaux propriétaires de Ouaga 2000.

* Le 25 janvier passé, comme pour répondre au Docteur Bidima qui le réclamait, le Procureur du Faso Adama Sagnon et le Procureur général Abdoulaye Barry, ont donné une conférence de presse autour des déclarations de Moïse Ouédraogo, petit frère du regretté David Ouédraogo, décédé comme on sait, pour dire que qu’on ne rouvrira pas le dossier Zongo car les déclarations dudit Moïse ne sont pas crédibles. C’est une conférence de presse qui n’a pas surpris comme n’ont pas surpris les non-lieux dans le dossier Norbert Zongo, la condamnation de l’Evènement. C’est toujours la même logique : ne pas laisser la moindre chance à la réouverture du dossier, à la mise en cause de François Compaoré. Tenez donc : ce serait la brèche qui pourrait emporter le régime et ses soutiens. Mais c’est encore et surtout une preuve de plus qu’il n’y a pas de justice indépendante au Faso !

* A Bobo-Dioulasso le 25 janvier dernier, Laurent Gbagbo a frappé par la subtilité de ses propos, retransmis depuis en boucle par Africa N° 1 : «Que la paix revienne pour la Côte d’ivoire et pour la sous région. Ce qui est arrivé à la côte d’Ivoire a édifié tout le monde ; c’est l’occasion vraiment de dire ‘plus jamais ça’, et plus jamais personne n’ira jouer au pyromane après ça. Je fais confiance à la CEDEAO dont Blaise Compaoré a été nommé Président ». Faut pas croire !

* Justement sur le sujet de la vigilance, après l’attaque meurtrière des postes frontaliers de Noé (170 km au Sud-Est d’Abidjan), survenue en pleine dynamique nationale et internationale de dialogue inter ivoirien, voilà qu’aurait été arrêté, selon le Matin d’Abidjan du 25 janvier dernier, un gendarme français avec un barda des plus suspects. De là à alimenter le camp de ceux qui recommandent au président Gbagbo d’être très vigilant pour ne pas qu’on fasse de la facilitation, un couteau derrière le dos, il n’y a pas loin ! Mais comme on dit que l’Homme de Mama a des yeux derrière la nuque, il sera donc difficile de lui faire un enfant dans le dos !

* Le pouvoir aujourd’hui s’accroche à ces élections législatives en disant en quelque sorte qu’ « il faut rester dans la légalité », continuer à témoigner que la démocratie au Faso est un long fleuve tranquille. Comme tout le monde veut manger, il espère qu’en dépit de quelque grogne de circonstance, il finira par imposer une fois de plus, un scrutin bidouillé contre quelques strapontins à l’opposition. Pourtant, le calendrier électoral en 2005 a été inversé par le pouvoir et ça ne l’a pas gêné : les municipales devaient avoir lieu en septembre 2005 et ont été reculées pour laisser passer la présidentielle ; pire, il y eut encore deux reports de ces élections municipales ! Aujourd’hui, le pouvoir devrait accepter le report de ces élections de mai 2007, eu égard à la grogne généralisée de l’opposition à qui aucune mesure de transparence n’a été accordée, à qui le pouvoir a imposé unilatéralement le retour à un mode de scrutin exécré pour permettre à ce pouvoir de faire le «Tuk guili » électoral ! Ceci avec une CENI plus que jamais discréditée et aux ordres ! Plus grave, la loi a décidé que les élections se déroulent à la proportionnelle au Burkina Faso. Or, avec un seul député retenu dans 15 circonscriptions, cette proportionnelle est battue en brèche. Il y a violation de la loi. Comme le pouvoir n’en est pas à sa première violation de la loi, même suprême, alors il « tampille » comme aurait dit Norbert Zongo. Les élections au Burkina Faso, c’est plus que jamais des élections « ouya ouya » qui vous font perdre votre temps, votre argent !

* La semaine dernière, nous nous demandions quand est-ce que le pouvoir diminuerait le prix des produits pétroliers puisque le baril est passé sous la barre des 50 dollars. Eh bien, le Père Balemans, dans la rubrique « Droit dans les yeux » qu’il anime dans le Pays, en a parlé dans son article intitulé « Un président ne peut pas tout savoir », publié le 23 janvier 2007 : « Fin septembre 2006, les syndicats ont obtenu une baisse du prix de l’essence de 87 f mais vu la baisse de prix de pétrole depuis juin 2006, cette baisse aurait dû être de 163 fcfa et on parle quand même de dialogue fécond. Mieux vaut dire : être roulé dans la farine ». Rien ne vaut les chiffres effectivement ! Merci Père Balemans. Syndicalistes, à bon entendeur, salut !

* Comme relevé dans notre article de la semaine intitulé «Impasse annoncée de la gouvernance nationale Interrogations sur les voies de sortie de crise », et qui posait la question d’un « congé du chef de l’Etat burkinabé », le sujet est au cœur de l’actualité puisque les partis d’opposition viennent en ce mois de janvier 2007, de demander le départ du chef de l’Etat. Au point où on en est, chacun pense que le Collectif ne pourra que se prononcer dans ce sens. La date du 03 février, retenue pour ses manifestations notamment dans le dossier Zongo, serait l’occasion idéale de reprendre en écho cet appel plus qu’opportun des politiques ! Il est grand temps maintenant de faire entendre maintenant un «Trop c’est trop » global, qui vise la gouvernance générale.

* Le Sommet France/Afrique prévu en février à Cannes (ville choisie, dit-on, par ces premières Dames africaines pour cause de climat plus clément) est loin de faire l’unanimité. Beaucoup pensent que ce sera le dernier sommet du genre puisque Chirac semble bel et bien partant !

* La célèbre association SURVIE vient de publier une déclaration sur la situation en Guinée. Extraits : « Nous demandons à la France, qui soutient inconsidérément le pouvoir discrédité de Lansana Conté, de ne pas faire obstacle aux légitimes aspirations du peuple guinéen à la démocratie. Nous demandons notamment qu’elle cesse toute coopération avec la Guinée dans les domaines régaliens tel que l’assistance militaire technique et l’aide à la Gendarmerie, tant que l’Etat guinéen n’aura pas mis en place un système de gouvernance démocratique et instauré l’Etat de droit ».

* Sur la chaîne dite du plaisir partagé, on a raconté l’histoire de cette femme qui se dit munie d’un sixième sens qui lui permet de débusquer les délinquants et autres coupables de méfaits que la justice peine à épingler, et la télévision a donc montré comment le Ministre de la justice Badini a fait restituer manu militari à la prophétesse son matériel de travail, saisi par les forces de l’ordre qui ne supportent pas cette concurrence déloyale, pire ce camouflet. Nous y reviendrons dans un deux sons de cloche appropriés tant les opinions sont partagées sur le sujet!

* Kaddafi persiste et signe. Certains diront qu’il est un idéaliste invétéré, perclus dans son nuage mais il n’empêche qu’il est revenu à la charge à l’occasion de la dernière réunion du CENSAD, en préconisant de débattre, au prochain sommet de l’UA, de la mise en place d’ un gouvernement africain. Il ne s’est pas trouvé, parmi la brochette de chefs d’Etat présents, pour glisser un discret et ferme conseil « vous devriez peut-être éviter d’évoquer un tel sujet qui n’est pas du tout d’actualité pour des chefs d’Etat qui n’entendent pas renoncer à leurs prérogatives mais qui, comme nous, n’osent pas vous le dire pour ne pas vous déplaire » !

* Dans notre dernier numéro (N° 397), nous nous sommes demandé si Agathe Habyarimana, qui venait de voir sa demande d’asile rejetée en France, était un « agneau sacrificiel de la raison d’Etat » ou « une simple repêchée de l’histoire ». Dans l’article, nous faisions état de la protestation de la veuve Habyarimana qui ne mettait cependant pas en cause l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). Comme une réponse du berger à la bergère, nous avons eu communication d’une réaction des enfants de feu Juvénal Habyarimana. Ils ne sont pas contents, c’est le moins qu’on puisse dire, et ils le font savoir haut et fort à travers un communiqué du 23 janvier pour diffusion immédiate, dont nous vous livrons quelques passages : « .. Comment l’OFPRA peut-il reprendre les calomnies de ses détracteurs et les aider à remuer le couteau dans une plaie encore fraîche ? En refusant de lui octroyer le statut de réfugiée, l’OFPRA prend partie et s’associe à ses détracteurs, qui lancent des accusations non vérifiées. Une telle attitude est-elle acceptable dans un pays comme la France qui jouit, à juste titre, d’une réputation multiséculaire de terre d’asile par excellence ? » Et ils affirment : « Ce génocide, nous ne le dirons pas assez, a été planifié par ceux qui ont envahi le Rwanda en 1990, ont assassiné le Président le 6 avril 1994, ont installé un régime tyrannique au Rwanda et continuent de massacrer et maltraiter la population ». Ils rappellent que « Le général Kagame, qui a récemment fait comprendre que son intention première était d’éliminer physiquement le président Habyarimana, est au centre de la planification et l’exécution de ce génocide ». De la façon la plus ferme, les enfants dénoncent « avec la dernière énergie toute tentative, fut-ce par des moyens judiciaires, de travestir la vérité sur la tragédie rwandaise en vue de couvrir les criminels et de condamner les victime ». La suite au prochain numéro, comme on dit !

* Nous avons reçu, concernant le même article, un mail d’un de nos lecteurs qui nous a demandé de faire deux petites rectifications. Il nous a précisé que l’avion abattu n’était pas un Boeing mais un Falcon 50 et que le président burundais, décédé avec le président Habyarimana s’appelait Cyprien Ntaryamira et non Melchior Ndadaye. Merci Monsieur Jean-Jacques.

* « Burkina Faso : La filière coton au bord de l’asphyxie » : c’est le titre d’un article du journal ivoirien « Le Temps » du 25 janvier 2007 qui explique que «La filière coton au Burkina Faso, premier producteur africain, est au bord de l'asphyxie en raison de la chute des prix mondiaux et désormais les sociétés cotonnières nationales ne peuvent même plus payer les producteurs de ce pays pauvre d'Afrique de l'ouest ». L’article reprend les propos de François Traoré, président des producteurs de coton, repris par l’AFP, le mercredi passé : "Les sociétés de coton sont insolvables, aucune n'a encore versé le moindre centime aux paysans qui leur ont vendu toute leur production de la campagne".

* Selon Panapress du 25 janvier 2007, «Un Nigérian, Jelani Aliyu, a fait une découverte capitale pour l’industrie automobile aux Etats-Unis, en concevant une voiture électrique ultramoderne, un ‘Chevy Volt’ décrite comme une ‘Révolution américaine’, indique un communiqué de General Motors (GM), le plus gros fabricant mondial de voitures ». Ca fait chaud au coeur d’entendre que c’est un Africain qui a fait une telle découverte !





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