Mise à jour le 28/01/2007
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San Finna N°398 du 29 Janvier au 04 Février 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"

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BILLET
DIALOGUE INTER IVOIRIEN
QUE LES CONVERTIS QUI ONT PECHE
N’ASPIRENT TOUT DE MEME PAS A LA SANCTIFICATION !

On dit que la politique sans hypocrisie est comme une sauce sans condiment : fade, indigeste. C’est l’exemple que nous donne à consommer le menuet qu’exécutent actuellement les numéros 1 ivoirien et burkinabé à propos de cette crise interne et internationale qui a failli amener leurs deux pays au bord de la confrontation.

Que Laurent Gbagbo soit contraint de se livrer à cette farandole, personne n’en ignore les motivations profondes. Il a sa main dans la gueule du lion et pour l’en délivrer sans dommages, il doit caresser la bête.

Que Blaise Compaoré se prête à cette cour assidue, personne n’en méconnaît les vraies raisons. L’avenir s’assombrit pour lui et il doit se donner toutes les chances, sinon de rebondir, de perdre le moins de plumes possible. Tous les deux, ils se la jouent douce mais personne ne persifle. Chacun retient même son souffle en se disant «Pourvu que ça marche » parce que c’est la paix qui est en jeu.

C’est ce qui explique que le dialogue inter ivoirien ne soit pas boudé ni aux Nations Unies ni par la France, qui fait même dire qu’on peut ne pas faire une crispation sur la 1721 si le dialogue peut ouvrir les portes de la paix. C’est ce qui justifie également qu’en Côte d’Ivoire, les Mamadou Koulibaly, les Affi N’Guessan.., n’en aient que pour la main tendue et que le Général de la rue, Blé Goudé, ait lancé une campagne nationale pour la paix du nord au sud, qui doit durer jusqu’au 20 février prochain, et baptisée "Prends ma main mon frère, prends ma main ma soeur".

C’est également la raison pour laquelle au Burkina Faso, on remarque des bémols dans la campagne anti-Gbagbo et que l’on note que bien de faucons se déclarent partants pour la main tendue de Gbagbo à Soro.

Voilà un exemple d’ hypocrisie politique utile.

Cependant, de l’hypocrisie, il en va comme de toutes choses ; il faut en consommer avec modération, sans succomber à l’ivresse. Va par exemple que Blaise Compaoré, au nom de la CEDEAO, soit facilitateur de la crise (quoi que !) et qu’il donne des gages d’y croire. Mais qu’avant même que la paix ne soit définitivement scellée, on se répande sur ses qualités éprouvées de médiateur, sur les service inestimables qu’il distribue ici et là au bénéfice de la fraternité et de la paix, pour le nominer au prix Félix Houphouët Boigny (ou au Nobel !), on n’est pas des bêtes quand même ! Il y a là des débordements qui confinent à l’ « écoeurance », à l’insulte de la mémoire collective, et pire à la « statufication » internationale de l’impunité.

La politique est ainsi faite aussi qu’elle doit savoir s’enrichir de sincérité, d’humilité, parfois même de repentance, parce qu’en définitive, le peuple, qui voit et qui se souvient, même s’il fait parfois semblant, ne se laisse jamais distancer pour toujours par l’histoire !

Alors, Blaise Compaoré a beau être friand d’honneurs, de prix pour se racheter des conduites passées et aspirer comme Mère Térésa ou l’Abbé Pierre à l’éternité, qu’il sache jouer les modérateurs auprès de ses courtisans afin qu’ils mettent la pédale douce ; il pourrait compromettre le processus de pacification en cours. Beaucoup, qui n’ont pas oublié, qui n’ont pas encore fait leur deuil, pourraient même au profit de la paix, ne pas s’accommoder de ce comble de cynisme !

C.Y

 





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