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FAUT-IL
OU NON APPLIQUER LA TOLERANCE ZERO POUR LES PORTABLES
DANS LES LYCEES ET COLLEGES ?
La
contestation apparue au Bénin par rapport
aux téléphones portables dans les
lycées et les collèges, et que des
médias internationaux ont répercutée,
est largement partagée dans le reste du continent.
Au Burkina Faso,en tout cas, le débat existe
et il oppose de plus en plus ceux qui, pour des
raisons de sécurité entre autres,
veulent que les collégiens et lycéens
puissent aller suivre leurs cours avec leurs portables
et ceux qui soutiennent que c’est un frein
à la qualité de l’enseignement
et à la discipline, et même à
leur sécurité, que de l’accepter.
Deux sons de cloche.
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| LE
PORTABLE, C EST UTILE COMME LES NUMEROS D’APPEL
DE LA POLICE ET DES SAPEURS POMPIERS
Les
raisons qui justifient que les collégiens
et lycéens puissent avoir des portables avec
eux à l’école sont multiples.
Le Burkina Faso est gagné par l’insécurité.
Ce n’est pas médire le pays que de
le reconnaître. Insécurité à
multiples facettes qui se perçoit jusque
dans la montée en flèche des accidents
de circulation. Ces accidents n’épargnent
pas les élèves. Combien n’en
voit-on pas quotidiennement, étendus sur
le macadam, baignant dans des mares de sang, à
tel ou tel croisement ? Quand on connaît le
manque de ressources humaines, de matériel
et de moyens financiers au niveau des unités
de secours et des urgences, on comprend les inquiétudes
que peuvent avoir les parents. Par ailleurs, il
arrive que les élèves soient victimes
d’agression, de vol, et ces cas se multipliant,
les parents voient dans le portable, un moyen d’alerte
pour pouvoir porter éventuellement secours
à leurs enfants. Il faut dire aussi que dans
les établissements d’enseignement eux-mêmes,
il peut y arriver des problèmes qui nécessitent
que l’on ne s’en remette pas exclusivement
à l’établissement pour l’information
des parents. Une secrétaire mal lunée,
ou qui n’aime pas un jeune en particulier,
peut refuser d’appeler les parents ou dire
que la ligne est occupée, et bonjour les
dégâts ! Une autre raison qui n’est
pas sans importance, c’est qu’il y a
de nombreux enfants qui souffrent de maladies comme
l’asthme et cela exige qu’on puisse
très rapidement voler à leur secours
en cas d’indisposition. Le portable peut se
révéler dans ces circonstances d’un
secours inestimable. D’autre part, l’interdiction
du portable ne serait pas une bonne chose car on
sait que c’est ce qui est interdit qui attire
le plus les jeunes ! Les parents mêmes, à
la limite, y verraient une atteinte aux libertés
de nos chérubins qui pourrait les traumatiser
! C’est certainement pour cela entre autres
que, réalistes, les responsables de beaucoup
d’établissements n’interdisent
pas de façon claire et nette le portable,
qu’ils le supportent s’il n’y
a pas d’abus. Et en parlant d’abus,
on sait très bien que dans une classe de
50 élèves, les fortes têtes
se comptent sur les doigts d’une seule main.
Ceux qui par inadvertance laissent leur téléphones
sonner, s’excusent bien platement après
: alors, il ne faut pas exagérer et interdire
à tout va surtout que bien des profs reçoivent
des appels pendant les cours et envoient des Textos
! Au total, il faut accepter de vivre avec son temps
et profiter de cet instrument incomparable qu’est
le téléphone portable !
TOMY.
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LE
TELEPHONE PORTABLE, UN MAL PLUS PROFOND QU’ON
NE CROIT POUR LES ELEVES ET COLLEGIENS
La
manie du téléphone portable occasionne
des problèmes dans les pays en développement.
Elle décourage en particulier l’épargne
en poussant à des dépenses coûteuses
et cumulatives, juste pour paraître. Il faut
souvent non seulement acheter le portable dernier
cri mais aussi l’alimenter constamment en
cartes, et Dieu seul sait ce que ça coûte
! L’instrument est devenu un signe extérieur
de richesse, de puissance, et au niveau de la jeunesse,
il écume très dangereusement. Moyen
de chantage, de persuasion politique ou amoureuse,
il mène beaucoup de jeunes à renier
toute valeur éthique et sociale pour se procurer
le fameux « sésame ». La possession
d’un portable est au surplus dangereuse parce
qu’on voit beaucoup de jeunes qui l’utilisent
même en étant sur leurs « chars
» (NDLR : mobylettes) alors qu’on sait
que la distraction est vite, dans ces cas-là,
au rendez-vous. Dans les établissements scolaires,
c’est le gros problème. Et quel manque
de respect pour les profs qui sont sans cesse interrompus
par des sons de téléphone les plus
bizarroïdes quand ce n’est pas les vibrations,
encore plus dérangeantes ! Déjà
que des conflits entre élèves interviennent
à cause de ceux qui ont des portables et
de ceux qui n’en ont pas, nous avons là
des circonstances qui n’aident pas au rehaussement
du niveau de l’enseignement. Si on demande
aux parents de ne pas laisser leurs enfants venir
suivre les cours avec leurs portables, c’est
parce que c’est dans l’intérêt
de leurs progénitures et de l’éducation
en général. Un autre problème
est que si on accepte les portables dans les lycées,
on acceptera bientôt que des gamins de 8 ans
aient un portable en classe ! Il faut arrêter
cela ! Il y a également qu’on utilise
de plus en plus le portable pour des échanges
amoureux pendant les cours mais aussi pour des fraudes.
Ceci sans compter que des médecins ont dénoncé
l’utilisation abusive du portable qui entraîne,
particulièrement pour la jeunesse, des problèmes
d’audition ! Enfin, l’usage du téléphone
est de plus en plus dévié de sa vocation
: les élèves filment les prof, les
enregistrent… On n’est pas encore au
stade de ce qui se passe en Europe avec les «
happy slapping », ces intolérables
agressions filmées par téléphone
portable, mais si ça continue, on y viendra.
Non, il ne s’agit même pas de réglementer
le portable dans les établissements, de convoquer
les parents pour qu’ils viennent récupérer
le portable de leur enfant qui ne l’a pas
éteint pendant le cours, il faut interdire
tout simplement le téléphone portable
dans les établissements d’enseignement.
TOZI.
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