San
Finna N°397 du
22 au 27 Janvier 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
ELECTIONS
PRESIDENTIELLES FRANÇAISES
SARKOZY INVESTI EN GRANDE POMPE
Le
ministre de l’Intérieur a été
investi par son parti lors du congrès de l’UMP.
Avec un score fleuve, il n’y a plus de doute : il
fait l’unanimité dans les rangs de l’UMP.
C’est
officiel depuis dimanche dernier. Nicolas Sarkozy, président
de l’UMP et ministre de l’Intérieur,
a été investi par son parti lors du congrès
de l’UMP qui s’est tenu à Paris porte
de Versailles. Sa candidature à la présidentielle
2007 a recueilli plus de 98% de votes favorables, tandis
que le taux de participation était proche de 70%.
Un soutien massif au point que certains quotidiens ont
préféré parler d’intronisation,
plutôt que d’investiture.
Selon les chiffres officiels, environ 80 000 militants
et sympathisants avaient fait le déplacement pour
entendre le discours du numéro 2 du gouvernement
(25 000 selon le canard enchaîné). Depuis
son pupitre, l’homme a voulu rassembler tous les
français, ceux de tous les milieux et de toutes
les sensibilités. Il a souhaité redonner
de la valeur au travail et manifesté son souhait
que les français versent dans l’optimisme
et la confiance en soi plutôt que dans le défaitisme.
Un discours placé sous le sceau de son slogan :
«En France tout devient possible ».
Toute la journée, les députés se
sont succédés face à l’assistance
pour évoquer les raisons de leur ralliement au
ministre de l’intérieur.
Mais dans les coulisses, certains chiraquiens ont annoncé
avoir voté blanc. Quant à Dominique de Villepin,
qui fait figure de dernier rempart contre la progression
sarkozyste, il a fait une apparition discrète.
Sans déclaration ou presque. Ce n’est que
le lendemain, qu’il a apporté à demi-mot
son soutien au candidat. En annonçant sa satisfaction
de voir le ministre de l’intérieur faire
l’unité de son camp, lors d’un discours
engagé où le premier ministre a fait état
des dispositions qu’il voudrait voir mises en œuvre
par le nouveau présidentiable, tel que le rapprochement
de l’ANPE (agence nationale pour l’emploi)
et l’UNEDIC (assurance chômage), où
une formation gratuite d’un an pour les demandeurs
d’emploi. Des projets, comme s’il y était…
Quant à Jacques Chirac, il n’a pas encore
annoncé clairement son soutien au numéro
2 du gouvernement. Mais son éventuelle candidature
à un troisième mandat, paraît de moins
en moins crédible, tant ses soutiens se font rares,
au profit du nouveau candidat de l’UMP.
Pendant que Nicolas Sarkozy était investi en grandes
pompes à Paris, dans un torrent de strass et de
paillettes, Ségolène Royal était
en visite dans une ferme de Poitou-Charente. A la question
de savoir si le déplacement était programmé
pour contraster avec l’excès de l’investiture
sarkozyste, la présidente du conseil régional
de Poitou-Charente a répondu qu’il s’agissait
là d’un déplacement « prévu
de longue date ». En attendant, l’un et l’autre
ont drainé les médias…à leur
manière.
A
noter :
Le patrimoine des présidentiables est au cœur
de la campagne depuis que Ségolène Royal
a révélé qu’elle payait l’impôt
sur la fortune (plus de 750 000 euros de patrimoine).
Elle a répondu ainsi à une rumeur qui accusait
le couple Hollande-Royal de se soustraire à cet
impôt. La candidate du PS accuse par ailleurs l’UMP
d’être à l’origine de la rumeur.
Dans sa volonté de transparence, elle a entraîné
avec elle les autres candidats. Si bien que chacun a fait
état de son patrimoine. On apprend alors que comme
elle, Nicolas Sarkozy (patrimoine inconnu), Corinne Lepage
(2,4 millions d’euros) et Jean-Marie le Pen (6 millions
d’euros) paient l’Impôt sur les fortunes
(ISF). Dominique Voynet, candidate des Verts, déclare
280 000 euros de patrimoine.