| L’INTERVIEW
DE MOISE OUEDRAOGO NE PEUT AUCUNEMENT REMETTRE EN
CAUSE LE NON LIEU
Il
ne faut pas se leurrer : l’élément
qui viendra obliger la justice burkinabé
à revenir sur le non-lieu ne s’est
pas encore produit et risque de ne jamais se produire
tant que le même pouvoir sera en place et
qu’il continuera de bénéficier
de la même hégémonie sur la
vie nationale, et spécialement sur la justice
et des mêmes appuis internationaux. Ni les
protestations de l’opposition, ni les récriminations
du Collectif, les pèlerinages des Femmes
en noir sur la tombe de Norbert Zongo, ni les assauts
médiatiques et judiciaires de Robert Ménard
et les intimations de quelques Chancelleries n’ont
pu venir à bout de la détermination
des tenants du pouvoir à geler le dossier
Norbert Zongo. Ils ont toujours invariablement fait
pièce à toute velléité
de relancer la procédure Norbert Zongo en
faisant sauter le bouclier du non-lieu. Et pour
cause, c’est une question de vie ou de mort
pour eux ! Aujourd’hui, Moïse Ouédraogo,
frère de David Ouédraogo, fait des
révélations dans l’Evènement.
On devine comment le pouvoir va prendre la chose.
Par François Compaoré interposé,
il est déjà en procès contre
l’Evènement. Il aura beau jeu de dénoncer
la connivence entre un journal qui a juré
la perte du frère de Blaise Compaoré
et un homme de peu de moralité qui a bénéficié
des largesses du même François Compaoré
et qui voudrait maintenant en retour, le payer en
ingratitude. Moïse Ouédraogo en effet
est tout sauf un personnage recommandable. Il en
a lui-même si conscience qu’il détaille
par le menu comment il a été cadeauté
par le frère du chef de l’Etat, s’efforçant
de convaincre par des justificatifs alambiqués,
qu’il s’est fait le complice malgré
lui d’un recel de malfaiteurs dans cette affaire.
Les juges, qui ne se sont jamais embarrassés
de prétextes les plus fallacieux pour protéger
le pouvoir de toute procédure judiciaire,
n’auront vraiment pas de mal ici pour rejeter
avec fracas une quelconque demande de réouverture
du dossier. Peut-être même que François
Compaoré pourrait, tant qu’à
faire ! engager une autre procédure pour
diffamation, escroquerie ou toute autre prévention
du genre contre le repris de justice Moïse
Ouédraogo qui, tout juste libéré
de la MACO (où il a purgé une peine
de six mois pour vol de carburant à l’aéroport)
chercherait un moyen de se renflouer, de se venger
ou de se rendre intéressant. Mais ce serait
aussi une autre procédure que pourrait mouvementer
François Compaoré contre l’Evènement
qui décidément, fait dans la récidive
! Manifestement, il n’y a vraiment pas de
quoi faire un ramdam autour de cette affaire qui
ressemble à un pétard mouillé,
à une tempête dans un verre d’eau.
TOMY. |
LES
REVELATIONS DE MOISE OUEDRAOGO DOIVENT ENTRAINER
LA REOUVERTURE DU DOSSIER ZONGO
Les
éléments nouveaux apportés
par Robert Ménard en appui à sa demande
de réouverture du dossier N. Zongo, bien
que rejetés, étaient probants. Ceux
contenus dans l’interview accordée
par Moïse Ouédraogo à l’Evénement,
le sont tout autant sinon davantage. C’est
cette impression qui domine à la lecture
du journal, aux yeux de tout lecteur. Aujourd’hui
en effet, après la sédition des militaires,
on ne parle que de cette interview dans tout le
Burkina Faso et il y a de quoi en effet ameuter
l’opinion. Le frère de David Ouédraogo
fait des révélations et même
des aveux portant sur les circonstances de l’assassinat
de David. Il cite des noms, décrit des faits
et démêle par son propos bien des écheveaux
dans le dossier. On apprend par exemple que juste
après le décès de David, le
DG de Fasoplas et François Compaoré
ont tout fait pour que le cousin de David, Dieudonné,
retire sa plainte. A cet effet, le DG remettra 100
000 fcfa et une note de François Compaoré
pour les remercier d’avoir écrit dans
l’Opinion qu’aucune plainte n’avait
été déposée par la famille
de David. S’en suivront tout un tas de gratifications
et d’avantages dont un emploi vite octroyé
à Moïse, une maison louée cadeau,
un viatique de 50 000 fcfa par mois... François
Compaoré rassurant, dira même, selon
Moïse, ne «pas avoir peur des écrits
de Norbert car d’ici là, ça
prendra fin ». Propos éloquents ! Si
Moïse parle aujourd’hui, c’est
que les temps sont durs et qu’une fois le
procès David fini, on l’a oublié
alors qu’il a femme et enfants à nourrir.
C’est peut-être vrai mais cela n’altère
en rien la qualité et l’importance
de ses propos. En fouillant dans la Cabinet d’un
juge d’instruction, en procédant à
des confrontations, on peut apporter les éclairages
qui manquent au dossier Norbert Zongo. Et Moïse
Ouédraogo est prêt à parler.
Il dit même être prêt à
tout balancer, y compris les menaces à l’endroit
de Arthur, le cousin qui s’opposait à
la collaboration avec les François, et aussi
sur la mort suspecte de Lonfo (un autre cousin)
qui les avait mis en garde contre leurs «
amis » : «Vos gars ont assassiné
Norbert. Ils sont mauvais ces gens-là. Méfiez-vous
beaucoup ». Dans n’importe quelle affaire
pénale, un juge consciencieux ne se ferait
pas prier, au vu de cette interview, pour chercher
à en savoir plus et à œuvrer
pour la réouverture du dossier Norbert Zongo.
En tout les cas, les militants de la lutte contre
l’impunité, les avocats de Norbert
Zongo, le Collectif, les Femmes en noir, les partenaires
techniques et financiers qui ne réclament
pas la réouverture du dossier seulement du
bout des lèvres, ont de quoi ici remonter
au filet pour que le quadruple assassinat de Sapouy
soit enfin élucidé. Le mieux que puisse
faire le pouvoir, c’est d’instruire
le Parquet d’engager la réouverture
du dossier Zongo !
TOZI.
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