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San Finna N°396 du 15 au 21 Janvier 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
 

CADRE DE CONCERTATION DES PARTIS DE L’OPPOSITION
UNE CONFERENCE DE PRESSE DE LANCEMENT MI-FIGUE, MI-RAISIN

Comme annoncé dans les médias, une conférence de presse a été donnée au siège du PAI le jeudi 11 janvier 2007 par un groupe de partis politiques se réclamant de l’opposition, et sous l’appellation « Cadre de concertation des partis de l’opposition ». Le regroupement, qui fonctionne sur le principe de la présidence tournante, était pour la circonstance représenté par le président de l’UNIR/MS, Me Benewendé Sankara, qui avait à ses côtés Emile Paré du MPS/PF, Adama Séré du RDEB et Kader Nacro du PFID.

Après la déclaration liminaire d’usage, des questions ont été posées par les journalistes présents, et du tout, on peut retenir le condensé suivant.

De prime abord, que ceux qui s’attendaient à ce que cette conférence parle de la situation politique dans son ensemble et notamment des derniers évènements liés à la mutinerie des militaires et aux révélations sur le dossier Norbert Zongo par l’Evénement, se calment. Il a surtout été question d’un consensus de partis politiques pour veiller au travail des représentants de l’opposition à la CENI. Dans la foulée, les dernières péripéties qui ont marqué les relations entre la CENI et l’opposition ont tout naturellement été évoquées. Voilà la trame de cet entretien.

Le Cadre se donne pour objectif de permettre à l’ensemble des partis de l’opposition d’être régulièrement informés du fonctionnement et du déroulement des activités de la CENI, d’engager des actions éventuelles pour son meilleur fonctionnement. Il ambitionne aussi de permettre aux personnalités représentant l’opposition au sein de cette structure d’avoir des actions concertées dans la défense des intérêts de l’opposition. Ceci sur la base de la feuille de route pour le suivi des représentants de l’opposition à la CENI signée le 16 août 2006 dans la salle de conférence de Ministère des affaires étrangères par 23 partis sur 33 présents à la rencontre (voir ci-après).

Me Sankara justifiera la création du cadre de concertation par le fait que l’opposition burkinabé n’ait pas un chef de file de l’opposition et de statut clair pour la structurer et l’organiser efficacement pour le contrôle de la régularité des scrutins et pour la défense de ses droits.

La déclaration liminaire fera ressortir la crise ouverte du 29 décembre 2006 déclenchée entre la CENI et les partis de l’opposition. Crise donc qui est née des suites du « tripatouillage de la liste des représentants de l’opposition par la CENI ». Des représentants qui, selon le Cadre, avaient été régulièrement désignés pour faire partie des démembrements CEPI, CECI, CEIA du Kadiogo, et qui auront été d’autorité rayés et remplacés par d’autres représentants.

En signe de protestation, les représentants de l’opposition s’étaient retirés du palais de justice lors de la cérémonie de prestation de serment.

Une autre crise évoquée est celle découlant du refus du président de la CENI d’examiner à la réunion du 29 décembre 2006 les préalables de l’opposition au sujet notamment dudit remplacement de ses représentants, donc à ses ingérences dans le choix des représentants de l’opposition. Les conférenciers présenteront ensuite le Cadre comme étant le fruit de plusieurs années de lutte de l’opposition. Ils souligneront que la présence de la société civile en son sein et surtout son mode de présidence visent à assurer son indépendance mais aussi à obtenir un consensus permanent entre majorité et opposition pour l’équilibre et l’équité.

Ce rappel a débouché sur une critique fleuve des actions du président de la CENI. En effet, le Cadre fait état de ce que ce dernier travaille dans un mépris total des partis de l’opposition et par une « intrusion grave et illégale dans le choix des représentants de l’opposition en lieu et place de l’opposition elle-même ».

De nombreuses irrégularités ont été cités par le Cadre dans la mise en place des démembrements dans les provinces. Entre autres :

- le tripatouillage de la liste de l’opposition au Kadiogo et de celle de la société civile

- la désignation des agents recenseurs par le maire dans la commune de Komsilga..

Pour le Cadre, ces irrégularités annoncent un processus de fraude électorale vis-à-vis duquel il entend apporter des réactions unitaires fermes et déterminées.

La brève discussion avec la presse permettra au présidium d’approfondir ce qui a été dit dans la déclaration.

Une question tout de même reviendra à plusieurs reprises : Y a-t-il une opposition dans l’opposition ?

Cette interpellation faisait-elle allusion à la situation de l’ADF/RDA à cheval entre la majorité et l’opposition ou à l’absence de partis comme l’UNDD, le PNR/JV… On ne saurait trop le dire sauf à se contenter de la réponse qui a été donnée en ces termes par Me Sankara : «Il y a une opposition mais seulement quand elle parle, on ne la prend pas au sérieux, ce qui n’est pas le cas quand c’est l’armée ».

Au total, comme la presse en a fait un commentaire des plus sobres, la conférence n’aura pas édifié l’opinion. C’est à peine si elle n’a pas été considérée comme un non évènement ! Est-ce parce qu’il n’a pas semblé au commun des Burkinabé que ce Cadre était de nature à enclencher le sursaut tant attendu de l’opposition ? Est-ce parce qu’il n’apporte pas la clarification tant souhaitée entre majorité et opposition ou qu’il a surfé sur les grands problèmes du moment tant nationaux qu’internationaux, sur lesquels on attendait des réactions de nombre de ses représentants ? Les questions restent en l’état. Une chose semble cependant évidente : si au niveau de cette conférence, dans la foulée de la contestation ambiante, la décision avait été prise de donner plus de la voix et de montrer plus de muscles en décidant le boycott même de la CENI ou en engageant des actions vigoureuses de quelque forme que ce soit pour qu’au moins la CENI soit revisitée, l’accueil dans l’opinion aurait été plus enthousiaste !

Bala Sibiri



EN RAPPEL,
LA FEUILLE DE ROUTE POUR LE SUIVI DES REPRESENTANT DE L’OPPOSITION A LA CENI

La réunion du 16 août 2006 tenue à la salle de conférence du Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération régionale pour la désignation des cinq (5) représentants de l’opposition a vu la participation de 33 partis et organisations politiques se réclamant de l’Opposition.

Malgré des divergences sur certaines questions, les partis politiques sont parvenus à un consensus en désignant les personnalités suivantes pour représenter l’ensemble de l’Opposition :

1) PARE Paul Sylvain (MPS/PF)
2) SANGO Abdoul Karim (PAREN)
3) SANKARA Mousbila (UNIR/MS)
4) OUEDRAOGO Seydou (ADF/RDA)
5) KOUANDA Idrissou (PNP)

La présente feuille de route a pour objectifs de permettre :

- à l’ensemble des partis de l’Opposition d’être régulièrement informés du fonctionnement et du déroulement des activités de la CENI ;

- aux partis politiques d’engager des actions éventuelles pour un meilleur fonctionnement de la CENI ;

- aux personnalités désignées d’avoir des actions concertées dans la défense des intérêts de l’Opposition

Ainsi, les personnalités ci-dessus nommées s’engagement :

1) à rendre compte à l’ensemble des partis politiques de l’opposition des activités de la CENI une fois par trimestre. La convocation des réunions est à l’initiative des partis politiques en liaison avec les cinq représentants
2) à se concerter régulièrement, en particulier sur les questions importantes afin d’avoir une démarche cohérente et efficace
3) en cas de besoin, à demander une réunion extraordinaire sur des questions précises ; l’initiative peut aussi venir des partis politiques
4) à renoncer, au niveau individuel, à représenter l’Opposition au cas où un représentant adhère à un parti politique de la majorité.

Les modalités pratiques de cette feuille de route seront précisées dans un Règlement intérieur.

Les partis politiques :

-s’engagent à apporter leurs soutiens aux cinq représentants dans l’accomplissement de leur mission
-se réservent le droit de retirer tout représentant qui quitterait l’Opposition ou qui aurait un comportement préjudiciable aux intérêts de l’Opposition.

La présente feuille de route est approuvée et signée :

Les partis politiques : GDP, PDP/PS, ADF/RDA, UNIR/MS, CDS, FFS, PDS, MPS/PF, LCB, PAREN, RPN, RDEB, PFID, CNDP, COPAC, LND, RDP, RDR, PNP, FIDES, PSU, CPS, MDR.

NDLR :
Liste des partis participants mais n’ayant pas, en tout cas au moment où le document a été remis à la presse, apposé leurs signatures sur ledit document : FDR, CE, UNIS, FPC YELEMANI, UDPI, RDPB, UDF, FDS, UFP, UDD

 





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