San
Finna N°396 du
15 au 21 Janvier 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
NOUVEL
ASSAUT CONTRE LA GOUVERNANCE GUINEENNE
CETTE FOIS-CI SERA-T-ELLE LA BONNE ?
En
Guinée Conakry, la vie politique est depuis des
années marquée par l’alternance de
périodes de contestation populaire et de léthargie.
On ne compte plus en effet le nombre de grèves,
de manifestations, de révoltes qui ont éclaté
sur la base de revendications sociales ou politiques ou
les deux à la fois. On ne compte pas non plus toutes
les fois où les choses ont tourné court,
par essoufflement ou emportées par des négociations
qui manifestement, ne traitent pas le mal à la
racine.
Si on en trouve
parmi les Guinéens et ailleurs pour féliciter
la persévérance de leaders politiques et
sociaux guinées plus résistants à
la corruption, aux menaces du pouvoir que dans bien nombre
de pays d’Afrique occidentale, on souhaiterait qu’ils
soient de meilleurs finisseurs.
C’est ce souci qui domine alors que suite à
l’intrusion du chef de l’Etat dans le champ
de compétences de la justice par la libération
manu militari de son protégé Mamadou Sylla,
le pays est gagné par une grève des plus
suivies de son histoire depuis le mercredi 10 janvier
2007.
Le mouvement sera-t-il cette fois-ci converti en rétablissement
de la démocratie, en victoire de la justice ou
finira-t-il une fois de plus en queue de poisson ?
Pour cette question posée, il y a ceux qui sont
enclins au fatalisme en observant le début des
négociations qui s’amorcent à l’initiative
du principal parti d’opposition représenté
à l’Assemblée nationale et des centrales
syndicales, mais il y a ceux qui gardent espoir et qui
soutiennent que les préalables émis par
les manifestants sont tels que le pouvoir ne peut pas
les satisfaire sans se démettre. Comment en effet
imaginer que le chef de l’Etat qui a dit que «
la justice, c’est moi » en ouvrant toutes
grandes les portes de la prison pour libérer son
ami, se dédise en le laissant rouvrir les mêmes
portes pour y ramener Mamadou Sylla. Il y aurait alors
de fortes chances qu’il s’en suive des conséquences
politiques extrêmes pour le numéro un guinéen.
En tout cas, au moment de boucler, nous apprenons que
si tout le monde attend fébrilement le lundi 15
janvier car c'est à partir de ce jour que des actions
devraient être menées pour « un changement
apaisé", le chef de l’Etat vient d’annoncer
qu’il va lui-même va recevoir les contestataires.