Mise à jour le 19/02/2006
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San Finna N°352 du 27 Février au 05 Mars 2006
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"

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VALIDATIONS LEGISLATIVES
CONFERENCE DE PRESSE DE DENONCIATION DE L’OPPOSITION
LE PDP/PS N'EST PAS CONTRE


Depuis que le gouvernement a montré son intention de reconduire tels quels les démembrements de la CENI par une validation législative, l’opposition connaît une certaine effervescence. Pour elle, il faut dénoncer avec la dernière énergie cette énième atteinte à la démocratie. Pour que cela se sache, elle a convoqué, le samedi 25 Février 2006, au siège du PAI, une conférence de presse. Les médias ont répondu présents à l’entretien parce qu’il y a longtemps que l’opposition ne s’était pas livrée à un tel exercice, parce que ces médias étaient curieux de voir comment elle allait mener cette bataille contre la validation rétroactive mais parce qu’ils avaient aussi des tas de questions à lui poser. Et sitôt la déclaration liminaire lue par Mr Koné Christian, patron du PNR/JV, le jeu des questions réponses s’est engagé, confirmant qu’il existait de la part des journalistes, un besoin d’étancher leur soif. Tout y est passé.

Quelle est la feuille de route que vous avez adoptée pour engager votre combat ? Les opposants répondront qu’il s’est agi à travers cette première conférence de presse, de porter une information étant entendu que des stratégies plus élaborées suivront immédiatement. En tout état de cause, dans les méthodes d’action, il n’est pas écarté d’envisager même de recourir à l’appel à la désobéissance civile prônée par Me Yaméogo, dira un représentant du PAREN.


Me Bénéwendé Sankara
Pourquoi avoir manqué de vigilance par rapport à cet article 34 du Code électoral qui commandait le renouvellement des membres de la CENI et que l’opposition n’a pas dénoncé ? Là-dessus, l’UNIR-MS, par la voix de Me Sankara, répondra qu’il n’a pas la même lecture de l’article 34 que le Conseil Constitutionnel et que, de toutes façons, en engageant sa procédure devant le Conseil, on peut considérer que le PRN, qui est un parti d’opposition, l’a fait pour le compte de l’opposition.
Mais alors, qu’est-ce que c’est que ce regroupement, demanderont les journalistes, quand on sait qu’il en existe d’autres : G 14, Alternance 2005 ? La réponse est qu’il s’agit d’une structure pour répondre à un problème ponctuel.


Ce regroupement, composé de 13 partis, est-il fermé ou ouvert ? Les conférenciers répondront qu’il reste ouvert et pour bien camper la stratégie de l’opposition, il sera expliqué aux journalistes qu’il y a deux problèmes à résoudre à travers la question de la loi de validation déposée devant l’Assemblée nationale. Le premier est juridique : il s’agira de saisir le Conseil constitutionnel dès que l’Assemblée aura homologué la décision du Gouvernement pour en dénoncer le caractère anti-constitutionnel. Il s’agira ensuite de se battre sur le plan politique pour que le report soit consensuel. Me Sankara insistera sur ce point : le report des élections n’était pas consensuel, le Ministre de l’Administration qui a reçu les partis a menti car les partis n’ont pas été consultés sur ce report qui est un report unilatéral uniquement destiné à permettre des manœuvres politiciennes du parti au pouvoir. Il a expliqué que le parti majoritaire doit apprendre à respecter ses partenaires.

Le ton général a dégagé un ras-le-bol des partis d’opposition face à la politique de mépris du pouvoir. Des journalistes ne manqueront pas de relever à ce sujet que l’ensemble de la classe politique, notamment de l’opposition, est en grande partie responsable de cette situation, n’ayant pas su convaincre l’opinion de sa capacité pour s’unir et défendre ses intérêts.

Alors que l’absence du PDP/PS se faisait remarquer, San Finna, pour couper court aux ragots, est allé à la source de l’information. Le professeur Aly Lankoandé, Président du PDP-PS, à qui il a été demandé d’expliquer les raisons de son absence, ne s’est pas fait prier pour répondre et ce faisant, a dissipé tout malentendu en précisant que le PDP-PS a déjà assisté à trois réunions avec toute l’opposition sur la question et que c’est seulement un contretemps des personnes devant assister à la conférence qui a empêché le PDP/PS d’être présent ce samedi, au siège du PAI.

Voilà, même si dans l’ensemble la presse est restée plutôt dubitative, quelque chose qui annonce un réveil salvateur de l’opposition.

Donald Tondé


BILLETS D’AVION A 10.000 FCFA
NON, CE N’EST PAS UNE BLAGUE !

Dans les journaux, la semaine passée, il nous a été donné de voir une publicité qui a fait « tilt » : Pointair Burkina proposait des vols dans la sous région à partir de 10.000 FCFA hors taxes ! Etait-ce un rêve, une blague épaisse, de la publicité déloyale ? La compagnie, qui savait certainement que ça allait provoquer des commentaires à n’en plus finir, s’en expliqua le 14 février dernier, à l’hôtel Relax, lors d’une conférence de presse qui attira de nombreux journalistes impatients d’en savoir plus et d’être rassurés qu’il ne s’agissait pas d’un poisson d’avril par anticipation.

Que nenni, diront les responsables de Pointair Burkina. Et ils expliqueront que dès le 6 mars prochain, ils pratiqueront le « low cost » (les bas prix), un concept arrivé d’Europe et qui veut faire du transport aérien un droit pour tous. Concrètement, comment cela pourra-t-il fonctionner ? C’est la timbale décrochée au prix de la course. En effet, ce sont les premiers acheteurs qui seront récompensés, pas les autres (bonjour les bousculades, les bagarres mais aussi les magouilles au siège de la compagnie !). Selon un responsable du Pointair, « le prix de 10.000 portera sur le tiers des places disponibles ». Donc, tout est question de disponibilité des places dans l’avion et de rapidité, l’important pour la compagnie étant de faire le plein de l’avion. C’est un peu comme une loterie qui a ses limites puisqu’il faut bien comprendre que le prix n’est pas de 10.000 F pour tous les passagers !

Les responsables de la compagnie expliqueront, notamment Mr Hervé Zongo, que « si pour un avion de 180 places, il n’y a que 60 passagers, nous considérons cela comme une perte et c’est la raison pour laquelle il vaut mieux vendre des billets moins chers et beaucoup que de voyager à vide ». Soit pour l’explication mais n’y a-t-il pas fraudes sur la « marchandise » ? Les clients ne courent-ils pas le risque de vendre « très moins cher » leurs vies en empruntant des cercueils volants ? Le responsables de Pointair, Mr Buljat, se veut rassurant : «Notre avion est agréé par la direction de l’aviation civile française, l’une des plus rigoureuses en termes de contrôle sécuritaire La sécurité n’est pas mise en cause ; notre avion n’a que trois ans de vol ».

Soit, mais si tant est que la sécurité physique des passagers semble acquise, ne court-on pas le risque de voir se généraliser l’insécurité avec une politique de « dumping » qui va emporter bien de compagnies aériennes aux reins moins solides et compromettre nombre d’emplois, politique qui va amener des compagnies à se lancer dans le même système en rognant peut-être, elles, sur le chapitre de la sécurité. Cela peut aller même jusqu’à compromettre le transport par autobus car avec ces tarifs, beaucoup préfèreront voyager par avion.

Ca, ce sont des questions qui restent en suspens mais qui, dans ce monde où la compétition fait rage, ne semblent pas la préoccupation majeure surtout que la chose a une valeur sociale très forte puisque les Burkinabé semblent ravis de ces tarifs exceptionnellement bas qui permettront à bien d’entre eux de faire leur baptême de l’air à un coût défiant toute concurrence. Et Pointair semble avoir bien calculé son coup car, à n’en pas douter, quelqu’un qui fait la queue pour avoir le tarif à 10.000 F et qui ne l’a pas, risque bien de rester sur place et de débourser plus pour prendre un tarif plein encore et surtout que Pointair est champion des tarifs les plus bas !

Attendons de juger sur pièces comment tout cela va fonctionner et surtout quelles seront les répliques des autres compagnies !

Thierry Nabyouré





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