Guerre au nord Mali : l’UNDD contre l’engagement du Burkina Faso

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PAR SAN FINNA.  Les femmes de l’UNDD, comme annoncé par l’Observateur Paalga dans son édition n°8245, se sont  effectivement réunies à Boulsa dans le Namentenga.  Le but de ce meeting était d’échanger sur la situation au Mali et de demander, par une interpellation au chef de l’Etat, que le Burkina Faso ne soit pas de l’expédition internationale contre les djihadistes qui occupent le nord Mali.

Cette initiative, ont précisé les femmes du parti de la panthère, ne traduit nullement un alignement derrière les groupes armés qui sévissent au Mali.  Elle ne traduit pas non plus une simple volonté de désertion de nos obligations de solidarité à l’endroit de nos frères maliens.  Elle se fonde sur des empêchements dirimants articulés.

Les deux guerres qui ont opposé notre pays au Mali, sous Lamizana d’abord et sous Sankara ensuite, sans avoir structurées de profonds ressentiments entre nos deux pays, conservent des souvenirs qui ne sont pas toujours compatibles avec un engagement militaire de notre part dans ce pays voisin.

La facilitation que nous conduisons au Mali d’autre part, n’a jamais été vraiment acceptée par les maliens. Si aujourd’hui ils devaient trancher à son sujet par referendum, le rejet serait même fracassant.  C’est qu’ils ont le sentiment que la facilitation se donne trop de liberté, comme si le Mali était sous tutelle et que son avenir pouvait se décider sans lui.  Les maliens suspectent aussi la facilitation de rouler à tout le moins pour le gouvernement malien et pour les groupes armés; ce qui la met en situation de conflit d’intérêts.

Le Burkina Faso n’est pas, c’est peu dire, un partisan de la guerre au nord Mali.  Il ne craint pas de le dire haut et fort.  Il n’a d’ailleurs jamais été en manque d’imagination pour faire des propositions jugées de nature à l’éviter ou à en minimiser les conséquences.  Les négociations actuellement en cours avec Ansar Dine en témoignent.  Mais voilà, les maliens, premiers intéressés, ne voient pas cela avec grand  enthousiasme.  On ne peut pas faire leur bonheur à leur place.

Les femmes de l’UNDD pensent aussi que la facilitation, pour être porteuse de réussite, doit intégrer certains paramètres : aucune concession par rapport à l’intégrité du territoire malien ; aucune atteinte au principe de laïcité ; le respect de la saisine de la cour pénale internationale ainsi que le respect de l’attente des victimes des actions des groupes armés que justice leur soit rendu.  Il n’est pas certain que ce troisième aspect apparaisse clairement dans les négociations avec Ansar Dine et le MLNA.

Enfin, le Burkina Faso, relèvent les femmes de l’UNDD, a des préoccupations nationales à court et moyen terme.  Des élections couplées en décembre, ainsi que des réformes à finaliser après avoir traversé la plus grave crise de son histoire en 2011.

Pour toute ces raisons, et parce que la démotivation pour la guerre est franchement affichée par nos autorités, la participation du Burkina Faso devrait être écartée. Telle est la substance de la déclaration lue par Désirée Kanyala, présidente du mouvement des jeunes femmes de l’UNDD.

Même s’il n’est pas dit que l’adresse à Blaise Compaoré recevra l’écoute souhaitée, elle aura au moins permis à l’UNDD, en l’absence d’un débat national sur la question, de s’approprier le sujet et de répercuter un point de vue qui n’est pas, il faut le dire, sans refléter une bonne part de l’opinion nationale.

 

Par Victory Toussaint

Actualité politique africaine, Afrique, Mali, Burkina Faso, UNDD, Hermann Yaméogo, Blaise Compaoré, Ansar Dine, MNLA

One Comment

  1. Mechtilde Guirma says:

    Voilà des femmes qui voient loin très loin avec des yeux de lynx. Bravo, je suis parfaitement d’accord avec vous. Qui dit que nous devons désespérer de voir qu’en fait nos petites soeurs et nos enfants ont encore ce don de discernement, de réflexion que nous ont légués nos parents, mieux l’observance de la parole donnée et sacrée. En effet après les deux guerres entre le Burkina et le Mali (je me rappelle encore comme si c’était hier), la réconciliation était si parfaite qu’il ne venait plus à l’idée de personne que de telles aventures arriveraient entre ces deux pays encore. Tellement on est soudé par des ressemblances, des similitudes, culturelles, géographiques….Si d’autres femmes de partis politiques peuvent se joindre à cette décision, on peut dire que cette fois, l’Afrique de l’Ouest à commencer par le Burkina est partie pour la différence : Non à la violence, Paix et stabilité pour les peuples.
    Courage chères amies le monde vous regarde.

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