L’une des critiques généralement faites aux pouvoirs en place en Afrique en période électorale, c’est d’user abusivement de biens et influences de l’Etat à des fins partisanes. Ce reproche est régulièrement porté au débit du pouvoir Compaoré.
La double consultation du 2 décembre 2012 n’échappera pas aux mêmes constats. Déjà les leaders du parti au pouvoir, le CDP, rivalisent d’ingéniosité pour battre une campagne qui ne dit pas son nom avec les attributs et privilèges de l’Etat.
Des plaintes fusent de toute part et il n’est jusqu’au premier ministre qui n’en soit l’objet. Candidat tête de liste du CDP dans le Centre-Ouest au Sanguié, il multiplie rencontre, coupes, et autres activités au prétexte d’exalter la solidarité et la paix. Mais, à quelques encablures des élections, la supercherie est grosse comme le nez sur le visage.
Les opposants ont aussi fait du plafonnement des dépenses électorales une exigence constante. Non seulement les réformes en cour n’ont pas pris en compte cette demande, mais pour le double scrutin à venir, la tendance semble aller vers une débauche de moyens. L’Observateur Paalga du 2 novembre annonce rien moins que 7 milliards pour la campagne du CDP. On a beau dire, dans un pays pauvre comme le nôtre, tout ça ne donne pas l’air d’une gouvernance responsabilisée.
L’opinion qui, de son côté, est très remontée au sujet de l’affaire Guiro, vient d’apprendre, par les soins de la presse (Le Pays du 2 novembre page 6), le blanchiment en forme de pied de nez de l’intéressé par son parti. En effet, alors même qu’il est sous le coup d’une inculpation, le voilà candidat aux élections municipales de son village ! On dira que tant qu’il n’est pas condamné son casier judiciaire est vierge, mais tout de même, cela déroge au minimum d’éthique que l’on se doit d’observer en politique.
Beaucoup d’autres observations sont faites par les burkinabè à l’encontre des politiques du pouvoir qui risquent de polluer la campagne électorale, voire même la vie sociale. Il en va de ce ministre qui va de village en village dans son patelin en hélicoptère pour faire la causette avec les paysans et tenter d’épater les bourgeois. Mais bon, nous sommes au Faso, pays où, comme disait un homme du sérail, la morale agonise !
Par Victory Toussaint
San Finna
Crédit image: Salvador Dali
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