2013 s’annonce aussi rude que 2012 pour la France!

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2012 a été une rude année, 2013 le sera tout autant. François Hollande devrait l’annoncer aux Français lors de ses traditionnels voeux de fin d’année, lundi 31 décembre. Le chef de l’Etat a d’ores et déjà préparé le terrain: “la vérité c’est que nous avons eu une année 2012 très difficile” et que “l’année 2013 reste encore entachée par les choix de ces dernières années”, a-t-il déclaré sur Europe 1 le 21 décembre. Et d’ajouter: “Cela va être dur pour les Français”, mais “on va s’en sortir parce qu’on met tous les moyens pour ça”. >>

Croissance, chômage… ce qui attend les Français en 2013…

L’encéphalogramme de la croissance française est désespérément plat: 0% au premier trimestre, -0,1% au deuxième, +0,1% eu troisième et -0,2% au quatrième, selon l’Insee. Résultat: la croissance sera probablement nulle cette année.

L’économie tricolore va donc démarrer 2013 sans aucun élan. L’Insee ne prévoit pas de rebond dans les six mois à venir: le PIB ne devrait progresser que de 0,1% par trimestre en 2013. Autant dire que l’objectif de croissance du de 0,8% du gouvernement pour l’année 2013 semble plus que jamais inatteignable, à moins d’un rebond extraordinaire de l’activité au second semestre – mais on en voit pas bien d’où il pourrait venir, car tous les moteurs de la croissance sont grippés.

De l’avis de nombreux conjoncturistes, la France pourrait bien retomber en récession l’an prochain. Compte tenu de la faiblesse de l’activité, le chômage va continuer de grimper. Le nombre d’inscrits à Pôle emploi augmente depuis 19 mois. Fin novembre, 4,6 millions de personnes pointaient à Pôle emploi en métropole, dont 3,1 millions sans aucune activité, un chiffre inégalé depuis plus de 14 ans. Depuis l’élection de François Hollande en mai, 243.800 personnes sont venus grossir les rangs des demandeurs d’emploi sans activité.

Selon l’Insee, le taux de chômage, qui a atteint 10,3% au troisième trimestre, atteindrait 10,5% fin 2012 et 10,9% mi-2013. Pas d’embellie avant 2014. Le chef de l’Etat a placé l’année 2013 sous le signe de la “bataille pour l’emploi”, avec un objectif sans cesse réaffirmé: inverser la courbe du chômage d’ici un an.

En attendant le retour de la croissance, le gouvernement a activé deux principaux outils anti-chômage: les emplois d’avenir et le contrat de génération. Les premiers sont destinés aux jeunes peu ou pas qualifiés. Le second vise à recruter des jeunes en CDI dans l’entreprise tout en maintenant un senior en poste. Ces deux dispositifs ne seront probablement pas suffisants pour faire reculer le chômage. Car les objectifs visés ne correspondent pas à des créations d’emploi nettes. Il y aura d’importants effets d’aubaine – les entreprises profitent des aides de l’Etat pour des emplois qu’elles auraient de toute façon.

La politique du gouvernement devrait créer peu plus de 90.000 emplois l’an prochain. C’est largement insuffisant pour compenser les destructions d’emplois dans l’économie marchande – 166.000 selon l’OFCE – dues à la dégradation de la conjoncture, et absorber la hausse de la population active – qui représente un ajout de 100.000 personnes. C’est dans ce contexte que le gouvernement entend ramener le déficit public à 3% du PIB, contre 4,5% fin 2012. Soit un effort de plus de 30 milliards d’euros, dont 20 milliards d’euros de hausses d’impôts sur les entreprises et les ménages.

Un choc fiscal qui va peser sur le pouvoir d’achat des ménages (+1 point en 2013 après +1 point en 2012), déjà plombé par le chômage qui pèse sur les négociations salariales. En 2012, le pouvoir d’achat va reculer de 0,2% après +0,5% en 2011. Cette tendance va se poursuivre en 2013: mi-2013 le pouvoir d’achat des ménages se situerait 0,2 point en dessous de son niveau de mi-2012.

Y a-t-il quand même des raisons d’espérer une embellie? Oui. Par exemple, on peut espérer que le crédit d’impôt compétitivité, adopté par le Parlement fin décembre, offre aux entreprises une bouffée d’oxygène suffisante pour relancer l’investissement, voire les embauches. On peut également espérer que le douloureux effort d’assainissement des finances publiques en Europe porte enfin ses fruits.

Mais il ne faut pas attendre de résultat positif avant 2014. 2013 s’augure donc mal, mais il faut passer par ce tunnel pour enfin voir la lumière.

Lu sur lexpress.fr

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